Le château de Kerjean

Le château de Kerjean, que l'on appelle souvent "Versailles breton" est l'un des monuments historiques les plus considérables de Bretagne.

le château de kerjean

Kerjean, à l'encontre de nombreux châteaux voisins (Kergournadeac'h, Kerouzéré) n'a pas de passé féodal. Il n'était qu'au XVème siècle qu'un très modeste manoir. Le premier seigneur connu de Kerjean est, vers 1445, Henri OLIVIER époux de Catherine DE LANRIVINEN. En 1482, la terre de Kerjean passe en échange à Yves BARBIER, seigneur de Lestrohan, époux de Marguerite DE LISLE. A sa mort, Yves BARBIER laisse 2 fils : Jean, Procureur à Lanhouarneau, et Hamon, prêtre. L'aîné Jean est le premier BARBIER à prendre le titre de Seigneur de Kerjean.

En 1536, le château de Kerjean tombé en ruines par "vieillesse et antiquité", Jean BARBIER reçoit l'autorisation de François 1er de reconstruire le manoir. Il fi sans doute exécuter les plans, mais ne peut les réaliser, surpris par la mort. Il laissa ses enfants en tutelle à sa seconde femme, Jeanne DE KERSAUZON. Celle-ci se remaria à Alain DU LOUER, sieur de Kergroix. Son fils, l'hériter de Kerjean, Louis  BARBIER, fut mis le 26 juin 1542 sous la tutelle de son oncle Hamon BARBIER qui fut le mécène auquel nous devons le château actuel. Hamon rêvait d'édifier, pour son pupille, une demeure éclipsant toutes les autres du Léon. Il meurt en 1544 en laissant une immense fortune à son neveu Louis.

Vers 1570, Louis BARBIER épouse sa troisième femme Jeanne DE GOUZILLON et fait construire le château de Kerjean. De ce mariage naquît François BARBIER seigneur de Kerjean, et Léonard BARBIER fondateur en 1612 des capucins de Morlaix où il fit profession. Louis BARBIER décède en 1595.

François BARBIER marié en 1589 à Catherine DE GOEZBRIAND a un enfant, René BARBIER. Erigeant Kerjean en marquisat en faveur de René BARBIER, Louis XIII déclare que le château est "de si belle et si magnifique structure qu'il sera digne de  son recueil et son séjour, si ses affaires l'appellent en Bretagne".

René BARBIER épouse en 1605 Françoise DE QUELEN. Il dissipa sa fortune et se fit bandit de grand chemin. Il meurt en 1619.

Son fils René BARBIER est marié à 14 ans à Françoise PARCEVAUX elle-même âgée de 12 ans. Leur vie commune ne démarra qu'à 18 et 20 ans et la mésentente en ménage se fit rapidement. L'histoire de Kerjean est dès lors faite de procès et de brigandage. Leur fils Joseph BARBIER et sa femme née DE LANBARDEMONT achevèrent la décadence de Kerjean. la conduite scandaleuse de la marquise défraya la chronique de l'époque. Joseph fut condamné en 1682 au bagne perpétuel...

Kerjean retrouva, peu avant la révolution, une courte période d'éclat avec sa dernière marquise, Suzanne-Augustine DE COATANSCOURS, veuve de François-Gilles DE KERSAUZON DE BREZAL; marquise pleine de générosité et d'une grande douceur. Sa fierté naturelle lui valut de monter sur l'échafaud à Brest en juin 1794, à l'âge de 70 ans.

Kerjean est ensuite laissé à l'abandon et aux pillards. Le directoire en ordonne la destruction, mais la décision est reportée.

Le château est ensuite acheté par LE TERSEC, notaire à Lesneven, mandataire des familles DE BRILHAC et DE TREVENEUC, héritières des COATANSCOURS. Le château est rendu au petit neveu de la marquise DE COATANSCOURS. Puis, par un mariage, le château passe aux FORSANZ et enfin à la famille DE COATGOURDEN, dont l'un des membres fut maire de Saint-Vougay vers 1900.

En juillet 1918, des pourparlers de vente ont lieu entre Monsieur DE COATGOURDEN et le délégué des Beaux Arts. D'autres acquéreurs se présentent ensuite : un américain (M. ROOT) et un belge (M. LEVE). Finalement le château est acquis par les Beaux Arts, mais les réparations furent mal faites. Ce monument intéressant a quand même été sauvegardé et eut une influence considérable sur l'histoire locale et sur l'architecture léonarde, ainsi que sur l'art breton, spécialement consacré aux curiosités artistiques léonardes.

Le château de Kerjean est cerné d'une enceinte de 250 mètres de long sur 150 mètres de large. Les murs des fortifications sont bordés de douves profondes qu'enjambaient 2 pont levis.

Autour du château, s'étend un parc immense dans lequel subsiste une charmante fontaine.

Le colombier de Kerjean (1599) est situé dans le parc du château de Kerjean.

Le puits de Kerjean (XVIème siècle), la coupole, soutenue par trois colonnes, est terminée par un haut lanternon carré.

 

la chapelle de kerjeanLa chapelle de Kerjean (XVIème siècle), située à l'extrémité orientale de la galerie couverte fermant la cour du château. Il s'agit d'un édifice rectangulaire, avec chevet arrondi.

Les sablières sont décorées d'un cartouche des cinq plaies entouré de deux victoires.

Dans la cour se trouve un calvaire de 1537 orné d'une figuration de la Sainte Trinité ; l'ancienne chapelle de Lanven, aujourd'hui disparue. Elle datait de 1563 et était dotée jadis d'un collège de six chanoines.